NOCES
Lin.e Weidmann- 2027Chorégraphie & conférence
dossier du projet
images
“Les
noces c’est le contraire d’un couple. Il n’y a plus de machines
binaires : question-réponse, masculin-féminin, homme-animal, etc.
ça pourrait être ça. Un entretien, simplement le tracé d’un
devenir.”
(Claire
Parnet avec Gilles Deleuze)
Noces parle des multiples qui nous composent. La question du nex/lien s'alimente par la bouche pour déjouer nos fonctions d'objet.
SOLO - 50min - Chant et chorégraphie de Lin.e Weidmann. Musique électronique
La danse honore et convie ce qui est au corps pour se lier à l'esprit. Le chant s'adresse en odes et s'accorde pour engager entièrement la parole. le jeu est de lier des contraires
NOCES
DES
ENGAGEMENTS
2027
voix, texte et danse – Lin.Weidmann
invitées - Anna Gaïotti, Soazig Le Flohic, Anna Delboy, Eloïse Decazes, Oonagh Haines
musique live - Luci Schneider
Regard extérieur : Bryan Campbell
création lumière – Mariane Moula
sonorisation et régie son – Nicky
production – ANOMYYY.me
coproductions - Honolulu à Nantes, Chorège CDCN à Falaise et le DOC à Saint Germain d’Ectot, NEUF NEUF à Toulouse, TRAVERSE à Bagnères de Bigorre Animakt à Saulx les Chartreux.
accueils en résidence – Place de la Danse à Toulouse, le Parvis Tarbes
avec la participation de la La libre Usine/Lieu Unique à Nantes
NOCES reçoit le soutien du dispositif Qui Vive et de Bourse Résidence à Nantes
création à NEUF NEUF à Toulouse _Festival NEUF NEUF 2027
https://linwnn.com/NOCES
ANOMYYY.me – anomyyy@ik.me
INTENTIONS
Noces est une conférence qui passe par des états limites, des chants et des silences en abordant les contours de ce qui s’appelle culture, potentiel lieu de ralliement des personnes réunies, dans le chaos consumé des cultures et autour de l’importance de l’individu artiste.
Le texte trace un itinéraire dans l’histoire de l’objectivation des personnes et des formes somptuaires, depuis mon regard bête et seul, au milieu des sujets.
Je porte les Noces, individue traversée par des vides, composée d’expériences collective et d’un regard sociologique sur les variations de la norma.
Le ton est d’abord très simple et rentre dans la performance par un traitement vocal des sujets, des fictions s’emmêlent au réel collecté par une mue permanente de l’opinion, c’est une variation de points de vue sur le désir de communion.
Une courte partition de danse donne suite à la conférence pour faire vibrer des odes – formes gestuelles tirée des figures du Rondeau et de la Carole, adressées entre liane et tranchant, à ce qui se quitte et ce qui s’engage. L’état du visage est actif, il se débarrasse, grimace, s’enjoue et souri selon l’activité, c’est ridicule et puissant, ça bégaie, ça me parvient et ça m’engage.
La pièce se termine par un concert en duo et ouvre à la performance de l’autre, musicienne performeuse invitée.
L’ensemble des techniciennes, musiciennes et performeuses invitées sont au plateau, visibles et en interaction.
Un soin particulier est apporté aux contrats de chaque participante, pour ce qu’elle apporte à l’œuvre globale des Noces et à chacune des représentations situées. Chaque duo se compose parmi un groupe relié à l’histoire de Noces,.
Nous travaillons aux engagements, politiques, mutuels, affectifs en ouvrant le centre, l’espace du milieu, comme l’entre nous conflictuelle où le public et les actrices activent leurs limites.
Que choisissons nous de construire pour recomposer du vivable ?
Noces constate le nombre des fragments éparpillés par l’histoire, les traumas et les mobilités, elle part de la nécessité de rompre pour rénover , elle compose des odes et des chants d’amours, des figures pour des entités de pensées et des affectuosités.
Dates 2026.
2026 - du 12 au 16 janvier - Résidence plateau à Honolulu Nantes
du 19 au 31 janvier - Résidence à Place de la Danse Toulouse.
du 16 au 20 février et du 13 au 17 avril - Résidence à Scène de Territoire. Bressuire 79
du 26 au 31 mai - Résidence au DOC de Caen en partenariat avec Chorège CDCN Falaise 14 - 30 mai - NUIT de NOCES
du 19 au 23 octobre - Résidence à la Libre Usine. Nantes - sortie de maquette le 22/10.
5 novembre - Maquette présentée à Festnov - Le Parvis , scène nationale de Tarbes.
Extensions
Un oracle a été dessiné par Baptiste Alchourroun. C’est sur la base d’un dessin animiste cartographiant nos discussions que s’est élaboré peu à peu les perspectives d’une nomenclature oraculaire.
Un objet littéraire se constitue le long de l’écriture et formulera la trace autant que le contenu du spectacle en création. Les résidences de Noces sont des espaces de travail chorégraphiques et social où un binôme est invité à l’étude du geste mais se sont aussi des temps d’enquêtes documentaires sur les relations de soin. L’écriture de textes témoins produira au terme de cette recherche, une trace édité de ce qui nourrit la forme au plateau.
Nous travaillons à la production de ces objets en parallèle de la performance de Noces.
Leur distribution est envisagée dans les réseaux de librairies et sur le parcours de diffusion du spectacle.
Notes
“ Nous sommes parties des familles avec un besoin fondamental de quitter. Nous nous sommes débarrassée et il fallait changer de terreau. Renouveler ardemment la faculté de penser, de choisir et de chercher. Alors notre structure osseuse, notre approche de l’autre, s’est fondée dans le départ potentiel, l’enfer du groupe, la marge désirée. Nous avons fait des ailleurs notre géographie potentielle, la possibilité d’être. C’est ainsi que nous avons creusé l’idée de soi. Ailleurs, par des issues. Il se cultive en nous, ce besoin de pouvoir partir, de nous défaire des contraintes et de fabuler l’idée de prendre soin d’un tissus.
Dans l’actualité du monde, il est plus simple d’être électron plutôt que proton
Il est donc possible de s’instituer, auteurice, famille choisie, individue propriétaire, unique et singulière. Nous pouvons évoluer sans, les contraintes des groupes, noyaux, communautés, fabriques éternelles, mouvements politiques, ces systèmes ne tiennent pas bien … Parce que c’est un effort que de biaiser les distinctions, de faire avec le divers. D’être apte à considérer la différence et de composer avec. Nous nous accommodons des distinctions que cultivent nos goûts, nos espaces, nos quartiers, nos désirs, nos solitudes confortables.
L’effort que suppose l’engagement, est devenu l’effort le plus difficile.
C’est ainsi que les modernes se plaignent, du peu de sens qu’ils ressentent, dans leurs agissements. C’est ainsi que les fachismes s’instaurent, en repoussant l’autre et en désirant l’ordre.
Nous médicalisons nos incapacités sociales,
nous prenons soins de nos silences,
nous voulons être raisonnables pour nos corps
nous sommes dérangées par la pensée étrange
nous moralisons nos élections affectueuses et peu de divergences passent.
Nous préférons diluer, scinder dans le temps, sectionner, faire de l’éphémerité.
Parce qu’il est lourd de composer avec l’unité d’une vie seulement.
Nous en fabriquons plusieurs.
Comme des unités capitalisées.
Nous cherchons toujours, ce qui fait sens à l’instant T. intéressés par les devenirs supérieurs. Les ascensions sociales, les reconnaissances brillantes et les amitiés fertiles.
Se confondent les sphères du privé et du productif.
Nous avons besoin d’espaces intimes cachés pour muer en permanence vers ce qui construira l’issue de nos réalisations de projets. Nos produits.
Alors il nous faut nous débarrasser. Enlever les obstacles, défaire les contraintes et rejouer nos traumas par des violences diverses.
L’abondance des images, la professionnalisation du sensible, l’économie de l’intime, nos corps modifiables, l’intensité des rapports, l’inconnu à conquérir, l’insuffisance de l’ordinaire, l’ennui impossible, la psychanalyse et la psychiatrie moderne.
La précarité du travail,
La distinction culturelle, sont des facettes de ce devenir seul, colon des terres du devenir.
Rendre transparent l’outillage de ce système c’est parler d’argent. Les moyens des segments, la distribution des richesses. De vide fabulé par les avant-garde du capitalisme et de rapidité, du flux.
Pour déjouer et changer, nous pourrions nous appliquer à perdre, le confort, la parole, la raison, le silence, les issues, l’intérêt, l’impatience.
Et épouser l’absurde. Parce que nous ne changerons pas. Le monde est diffracté par le capital et nos besoins matériels. Le tissus des autres devra reprendre sa structure lorsque les privilèges auront été abattus par le nouvel ordre mondial et ça arrive vite. Nous aurons à consolider nos liens et à penser l’adversité beaucoup plus sérieusement.”
Lin.e W - Avril 26.
- du 12 au 16 janvier 26 - Résidence plateau à Honolulu Nantes
- du 19 au 31 janvier 26 - Résidence à Place de la Danse Toulouse.
- du 16 au 20 février 26 - Résidence au théâtre de Scène de Territoire. Bressuire
- du 13 au 17 avril 26 - Résidence au théâtre de Scène de Territoire. Bressuire
- du 26 au 31 mai 26 - Résidence au DOC de Caen en partenariat avec Chorège CDCN Falaise.
- 30 mai 26 - NUIT de NOCES - au DOC Caen.
- du 5 au 20 octobre 26 - Résidence au Lieu NeufNeuf. Toulouse.
- du 19 au 23 octobre 26 - Résidence à la Libre Usine. Nantes - sortie de maquette le 22/10.
- 5 novembre 26 - Maquette présentée à Festnov - Le Parvis , scène nationale de Tarbes.
“J’arrive en scène avec un écran derrière moi qui fait apparaître une foule d’images contradictoires en tout cas mis côte à côte un peu comme Une carte mnemosyne d’Aby Warburg, proposant à l’audience une interprétations des intervalles. il y aurait Beyoncé, il y aurait un violon, il y aurait un Mariage y aurait des explosions, des images de guerre. Il y aurait une mer calme, il y aurait une église, il y aurait un homme sur un terrain de foot. Il y aurait des images d’amitié, d’amis qui font des trucs débiles et moi j’apparaîtrait et je serai avec visage très éclairé en face et un maquillage assez monumental et je parlerai en anglais en disant que je suis aux portes d’une guérison, il existe une injonction dans l’air qui consistera à me faire changer absolument maintenant pour cesser de regarder mon corps mais pour habiter dedans et ceci en chantant en agitant mes mains pour qu’un contenant se Tricote, une cellule autour de moi permettrait alors que se débarrasse les vieilles tripes, les vieilles peaux et que se construise la liane de la résistance et de la fuite à l’état de mal être constant et consistant qui appartient à un passé révolu. Nous avons appris à être objet à avoir des corps objet dans un monde où nos Pères nous ont violé où nos frères nous ont violé où d’autres hommes enduites et d’autres femmes aussi nous ont violé ou nous ont demandé d’interpréter leurs désirs. nos corps ont été utilisés pour raconter des histoires de culture. de Culture, de l’inceste de Culture, de L’homme puissant qui met en scène des spectacles qui racontent la grande histoire d’hommes, puissants et blancs qui rendent esclave les corps noirs de corps, puissant d’hommes blanc qui rendent incapable de penser les enfants, incapable de penser les habitants de continents entiers en s’associant avec des dirigeants complices de cette façon de démolir les souverainetés de chacun des corps et qui continue de bombarder les pays dans les territoires qui semblent leur être utiles. Il s’agit d’être un corps puisque c’est le seul endroit où nous avons la perception d’un espace sensible qui ne mépriserait aucune autre forme de corps, aucune singularité puisque depuis l’intérieur il n’y aurait plus le regard sur et la classification instruite par notre histoire oppressive. il suffit d’être dedans et de ne jamais le sentir inférieur pour avoir une parole qui lui soit propre et qui soit puissante. Notre corps est devenu nombre multiples de fragments, soumis à l’objectivation de l’économie de l’attention. Nous le regardons en plusieurs petits morceaux fragilisé fragmentés. Il s’agit de lier d’une seule liane, plainte si nous plions à la dismorphophobie ou à tout autre forme d’exigence, regard sur … ou bien, trame tissulaire qui renforcerait le pouvoir politique de cette mémoire. Nous sommes des objets muant si notre psyché et notre conscience politique prennent part ensemble à sortir du ressentiment. nous apprenons à nous correspondre, j’apprends à m’associer et cela passe pour certaines d’entre nous à modifier cette apparence, c’est une action sur l’histoire, nous avons besoin d’elles. j’ai besoin d’elles. maintenant. la représentation telle qu’elle est conduite dans le minuscule endroit du spectacle vivant continue de reproduire la violence d’un ordre social conduit par une histoire victorieuse de l’homme riche. nous traversons une bataille culturelle qui a déjà bon nombre de précédent et nous connaissons l’importance des lieux de résistances. il est urgent que certaines personnes laissent la place à celles et ceux qui sortent des marges pour faire parler les corps de l’histoire invisible, qu’elle nous instruisent des façons de nous associer à nos histoires situées, toutes abusées par la grande histoire. je ne peux plus détester cet endroit dans lequel je respire parce qu’il est le lieu témoin parlais tous les lieux témoins de ce que fit le viol - la suprématie - la violence et qu’il en perpétue les formes tant que je ne lui donne pas sa place de témoin. il me faut l’entendre et le faire entendre pour qu’il participe au mouvement de reconnaissance qui met à jour mes privilèges et ceux des personnes qui m’ont enseigné la violence
Lin.e W - Aout 26.
I step onto the stage with a screen behind me displaying a multitude of contradictory images—or at least images placed side-by-side, much like Aby Warburg’s *Mnemosyne Atlas*—offering the audience an interpretation of the spaces between them. There would be Beyoncé, a violin, a wedding, explosions, and images of war. There would be a calm sea, a church, and a man on a football field. There would be images of friendship—friends doing silly things—and then I would appear, my face brightly lit and wearing dramatic, monumental makeup, speaking in English to say that I am on the verge of healing. There is an imperative in the air demanding that I change—right now—ceasing to merely look at my body and instead inhabiting it; I would do this while singing and waving my hands to knit together a vessel, a cell around me, allowing me to shed old guts and old skins, and to build a vine of resistance and escape from that state of constant, solid malaise belonging to a bygone past. We learned to be objects—to possess objectified bodies—in a world where our fathers raped us, where our brothers raped us, where other men—and other women, too—raped us or demanded that we enact their desires. Our bodies were used to tell stories of Culture: of incestuous Culture, of the powerful man staging spectacles that recount the grand history of powerful white men enslaving Black bodies; of powerful white men rendering children—and the inhabitants of entire continents—incapable of thought, by colluding with leaders complicit in this destruction of bodily sovereignty, and by continuing to bomb countries and territories that seem useful to them. It is a matter of *being* a body, for that is the only place where we perceive a tangible space—one that would not scorn any other bodily form or singularity, since, from within, there would no longer be that external gaze or the classification imposed by our oppressive history. One need only inhabit it—without ever deeming it inferior—to find a voice that is uniquely its own and powerful. Our bodies have become a multitude of fragments, subjected to the objectification of the attention economy; we view them as scattered, fragile, broken pieces. We must bind them together—whether into a lament born of yielding to dysmorphia or other demands, or into a woven fabric that reinforces the political power of this memory. We become transforming subjects when our psyches and political consciousnesses join forces to move beyond resentment. We learn to resonate with one another; I learn to forge alliances—a process that, for some of us, involves altering our appearance. This is an act upon history itself; we need these alliances—I need them—right now. The way representation is handled within the narrow confines of the performing arts continues to reproduce the violence of a social order driven by the triumphant history of the wealthy man. We are engaged in a cultural battle with many precedents, and we recognize the vital importance of spaces of resistance. It is urgent that some make way for those emerging from the margins to give voice to the bodies of invisible history—to teach us how to connect with our own situated histories, all of which have been violated by the "Grand Narrative." I can no longer hate the space where I breathe, for it stands as a witness—among so many other witness-sites—to the ravages of rape, supremacy, and violence; it perpetuates these forms so long as I fail to acknowledge its role as a witness. I need to hear it and make it heard, so that it contributes to the process of recognition that brings to light my privileges—and those of the people who taught me violence.”
Lin.e W - August 26.